Les gardes champêtres de Saint-Aubin des Bois (depuis 1836)

En lisant les registres des délibérations, nous avons eu l’idée de faire un article sur le garde champêtre, sujet n’ayant pas encore été abordé dans notre bulletin municipal annuel, et nous avons pu remonter jusqu’en 1836.

Dans cet article, nous parlerons de la création du poste de garde champêtre, son rôle, ses missions, d’hier à aujourd’hui, qui a été présent dans notre commune jusqu’au 30/04/2012, date de départ à la retraite de notre dernier garde champêtre. Puis nous terminerons par un listing de tous les gardes champêtres qui ont œuvré à Saint-Aubin des Bois.


– Les origines de ce métier :

Contrairement à une idée reçue émanant des manuels de gardes champêtres du XIXe siècle, les premiers gardes n’ont pas été créés par le roi Charles V en 1369. On trouve la trace des premiers gardes champêtres bien avant l’an 900 dans l’ancien droit, établis par les chartes-lois et les coutumes des seigneuries et des provinces de France (Normandie, Auvergne, Dauphiné, Narbonne, Toulouse, etc), mais également dans les duchés et comtés des Pays-Bas. Les premières appellations du garde champêtre sont : messor, messilier, messium cusios, messaer, messarius, mésségué, tous ces noms signifient « messier », de « messis », « moisson » – celui qui garde les moissons ; on retrouve le nom de « messier » depuis le haut Moyen Âge jusqu’au début du XXe siècle. Le messier a pour mission de surveiller les moissons, il officie sur des juridictions seigneuriales, il est l’ancêtre d’une longue lignée de gardes ruraux qui deviendront quelques siècles plus tard les gardes champêtres d’aujourd’hui.

A compter du XVIIe siècle, sous Louis XIV, le garde champêtre veille également à l’application du droit exclusif de chasser, réservé au roi et aux seigneurs traquant ainsi les braconniers et les glaneurs. Le véritable statut du garde champêtre est créé à l’issue de la Révolution Française en 1791. La profession connaîtra son apogée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Dans les campagnes à cette époque, le garde champêtre est aussi important que le Maire ou l’instituteur.

En 1808 le Code d’instruction criminelle lui donne la qualité d’Officier de police judiciaire rurale jusqu’à ce qu’elle disparaisse avec la parution du Code de procédure pénale en 1958.

Depuis 1958, l’affectation de ce fonctionnaire n’est plus obligatoire dans les communes rurales, ce qui a engendré la lente disparition de la profession. En 2018, la France compte environ 1 100 gardes champêtres dans 32 000 communes rurales contre près de 30 000 en 1958.

Son rôle et ses missions :

Le garde champêtre intervient principalement en matière de police rurale, c’est un agent assermenté. Il peut être nommé, soit par le maire de la commune, soit par le président d’un établissement public de coopération intercommunale, conjointement avec les maires concernés.

*Photo : le garde champêtre de Dompierre-les-Ormes (Saône et Loire) faisant une publication.

Ce fonctionnaire territorial est habilité à constater par procès-verbal les contraventions et les délits portant atteinte aux propriétés rurales et forestières ainsi que les contraventions aux règlements et arrêtés de police municipale, des maires comme des Préfets. Dans certaines situations, il peut être appuyé par la Gendarmerie.

Il exécute, sous l’autorité du Maire, des missions de prévention et de surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de sécurité et de salubrité publiques. Il exerce ses compétences dans plus de 150 domaines comme celui de la police de la route, des cimetières, la chasse, la pêche, la protection de l’environnement, la détérioration du domaine public, le conflit de voisinage, la sortie des écoles, la police de l’eau ou encore la police de l’urbanisme.

En tant qu’agent chargé de certaines fonctions de police judiciaire, le garde champêtre doit être agréé par le procureur de la République et assermenté.

Dans les petites communes rurales, par manque de moyens financiers, le garde champêtre occupait aussi la fonction de cantonnier consistant à désherber et entretenir la voirie.

Au début du XXe siècle, il a eu comme attribution le rôle de crieur public qui proclame à la cantonade, sur un roulement de tambour ou à son de trompe, diverses décisions officielles (arrêtés municipaux, décrets préfectoraux, ordres de mobilisation générale). Voir photo ci-dessus*.

La profession a connu bien des évolutions et est en pleine mutation : de plus en plus, les missions du garde champêtre s’orientent vers la protection de l’environnement et plus particulièrement des espaces naturels sensibles. Afin d’améliorer leur efficacité et de mutualiser les coûts, certaines intercommunalités (syndicats intercommunaux, communautés de communes…) mettent en place des brigades d’intervention mêlant différents métiers (Éco-garde, garde forestier/pêche, garde champêtre…) pour surveiller et protéger leur territoire. Mais l’urbanisation des communes rurales voit aussi l’augmentation des effectifs de police municipale au détriment de la profession des gardes champêtres. L’avenir semble alors plus « vert » que « sécuritaire » pour ce métier !


– La tenue et l’équipement : en photo le képi de mon grand père Léon GUESNETqui fut garde champêtre à Allonnes.

La tenue vestimentaire d’un garde champêtre est définie par le maire qui l’a recruté. Il n’existe aucune réglementation qui impose à un garde de porter un uniforme, bien qu’une circulaire, parue en 1937, l’encourage à la faire pour être reconnaissable.

Un garde champêtre porte donc généralement un uniforme bleu (veste, pantalon, chemise ou polo) proche de celui du policier municipal mais avec une touche de couleur verte.

La police rurale a toutefois l’obligation de porter, tout au long de son service et de manière visible, une plaque en métal comportant les mentions suivantes : « La Loi », le nom de la commune et celui du garde.


Les gardes champêtres à Saint-Aubin des Bois :

Au hasard des recherches entreprises pour d’autres sujets je suis tombé sur un acte de mariage en date du 13 septembre 1815 dans lequel il est fait mention de la présence à ce mariage de Jacques BALLAY, garde champêtre âgé de 71 ans et demeurant à Saint Aubin des Bois, oncle de l’épouse.

Il est né le 26 octobre 1741 à Saint Arnoult des Bois. Il est décédé le 18 mars 1819 au hameau du Chêne à Saint Aubin des Bois. Sur la déclaration de Mary Maillard propriétaire en cette commune. Le maire Binet.

Voici maintenant la liste des gardes champêtres à Saint-Aubin des Bois depuis 1836 par ordre chronologique, créée d’après les recensements :

  • M. André Jacques MARTIN (garde champêtre de 1836 à 1846) :

Il est né le 18/02/1773 à Saint-Aubin des Bois. Il s’est marié le 15/07/1798 à Saint-Aubin des Bois (27 Messidor An 6) : il exerçait la profession de vigneron, sa future femme née à Dangers habitait Bailleau-les-Bois (aujourd’hui Bailleau-l’Evêque). Il occupe la fonction de garde champêtre en 1836 (63 ans), population de la commune 529 habitants, et en 1841 (68 ans) 567 habitants. En 1846, il est recensé comme vigneron, il a alors 73 ans. Il va décéder à Saint-Aubin des Bois le 29/03/1850, âgé de 77 ans.

  • M. MAILLARD Pierre Nicolas (garde champêtre de 1846 au 15/02/1848) :

Il est né le 16 Brumaire An 3 soit le 06/11/1794 dans la maison de ses parents sise au hameau du Chêne à Saint-Aubin des Bois. Il s’est marié le 29/07/1829 à Chauffours, il est alors garde champêtre à Mainvilliers, il est âgé de 34 ans, 9 mois, 2 jours (quelle précision du secrétaire !) et il est veuf de son premier mariage. Son père était laboureur à Saint-Aubin des Bois. Sa femme est née à Chauffours, 33 ans, 8 mois, 26 jours le jour du mariage, et était alors domestique à Dangeau. Il est répertorié garde champêtre à Saint-Aubin des Bois en 1846 (52 ans).

  • M. Landras François Nicolas (garde champêtre du 16/02/1848 au 23/03/1871) :

Il est né le 8 Ventôse An 4 soit le 27/02/1796 à Saint-Aubin des Bois. Il prend ses fonctions de garde champêtre de la commune le 16/02/1848 jusqu’au 23/03/1871. Sur les différents recensements de la population, on le retrouve en 1856 (60 ans), 1861 (65 ans). Par contre en 1866 (70 ans), il est répertorié comme cultivateur et non comme garde champêtre. « Le 16/02/1848, M. Le Préfet d’Eure-et-Loir a nommé M. Landras François Nicolas garde champêtre de la commune de Saint-Aubin des Bois en remplacement du sieur Maillard, démissionnaire. Le sieur François Nicolas Landras a prêté serment en qualité de garde champêtre de la commune de Saint-Aubin des Bois à l’audience publique du Tribunal de première instance de Chartres du 22/02/1848 et la présente commission a été transcrite au greffe le dit jour. Pour mention exacte, signé Savigny. Certifié conforme par nous maire de la commune de Saint-Aubin des Bois. En mairie de Saint-Aubin des Bois le 23/02/1848. ». M. François Nicolas LANDRAS prend son travail à cœur comme nous allons le voir ci-dessous : « L’an mil huit cent quarante neuf, le 18 août à 9 heures du matin, je soussigné François Nicolas Landras, Garde Champêtre de la commune de Saint-Aubin des Bois, y demeurant reçu et assermenté suivant la loi, revêtu de ma marque distinctive, faisant ma tournée ordinaire, étant parvenu au champtier de la Grande Cour, j’ai vu le nommé Félix L…, berger chez le sieur L., cultivateur à Chazay, commune de Saint-Aubin des Bois, faisant pâturer ses moutons dont j’en ai vu huit à dix qui étaient à manger de l’avoine dans un champ appartenant au sieur B… Julien, cultivateur à Saint-Aubin, dont je lui ai dit qu’il était en contravention et que j’allais verbaliser contre lui. De tout quoi j’ai dressé le présent procès verbal les jour et an que dessus et l’ai signé ».

  • M. Laigneau Louis Pierre (garde champêtre du 02/04/1871 et décédé le 25/08/1877) :

Il est né le 24/05/1812 à Saint-Aubin des Bois. Son père était maréchal. Il s’est marié le mardi 24 mars 1840 avec Angélique Eugénie Delphine Maillard : le marié est âgé de 27 ans, maréchal, demeurant avec son père à Chazay, fils de Pierre François Laigneau, maréchal à Chazay, et de feue Marguerite Elisabeth Beaupère décédée le 23 janvier 1829, la mariée a 19 ans, demeurant avec son père à Saint Aubin des Bois, née le 21 avril 1820, fille de Pierre Nicolas Maillard, journalier, demeurant à Saint Aubin des Bois et de feue Marie Angélique Adélaïde Lefèvre. Cérémonie de mariage en présence de Hilaire François Augustin Laigneau, 30 ans, maréchal demeurant à Saint Aubin des Bois, frère de l’époux, de Nicolas Alexandre Laigneau, 54 ans, berger demeurant à Cintray, oncle de l’époux, de Pierre André Marie Maillard, cultivateur demeurant à Saint Aubin des Bois, oncle de l’épouse, de Marie Antoine Désiré Maillard, charretier demeurant à Saint Aubin des Bois, frère de l’épouse.

Il occupait la fonction de maréchal en 1866 et il habitait Chazay. Il prend ses fonctions le 02/04/1871. On le retrouve répertorié sur les listes de recensement comme garde champêtre en 1872 (60 ans), en 1876 (64 ans). Il est décédé le 25/08/1877 à Saint-Aubin des Bois à 65 ans, garde champêtre.

  • *M. Hamelin Louis Jacques Stanislas en poste en 1881 :

Il est né le 19/11/1831 à Saint-Aubin des Bois, fils de Louis Jacques Hamelin et de Marie Françoise Hélène Hamelin. Il eut 6 frères et soeurs. Il s’est marié le 9 novembre 1859 à Lucé avec Louise Clémence Vassort originaire de Saumeray. En 1876, il était journalier. Il fut aussi berger. En 1881, à 50 ans, il est recensé comme garde champêtre de la commune. Ainsi qu’en 1893. Il va décéder le 15/12/1895 à Saint-Aubin des Bois à 64 ans.

  • *M. Bourgeot Victorien Désiré en poste en 1886 :

Il est né le 01/07/1830 à Saint-Aubin des Bois.

Il s’est marié le 31 décembre 1851 à Saint-Aubin des Bois (Louis Broust maire) : le marié a 21 ans, journalier, domicilié à Saint Aubin des Bois, fils de François Elie Bourgeot, 48 ans, journalier, demeurant en cette commune, et de Marie Louise Aimée Fiant, 52 ans; la mariée a 20 ans, couturière en drap, domiciliée en cette commune, fille de Jean Louis Laigneau, 57 ans, journalier, et de Prudence Larcher, 58 ans. Cérémonie faite en présence de Ballay Alphonse et Eugène Armand Roquillet, tous deux cultivateurs à Saint Aubin des Bois, et Hilaire Laigneau, 43 ans, et Louis Pierre Laigneau, 39 ans, tous deux maréchaux ferrants domiciliés en cette commune, cousins germains de l’épouse.

Ils ont élevé 6 enfants. En 1881, il exerçait la profession de journalier. En 1886, il est recensé comme garde champêtre sur la commune de Saint-Aubin des Bois. Il va décéder le 11/04/1889 à Saint-Aubin des Bois à 58 ans, inscrit comme garde champêtre à Cintray.

  • *M. Gauthier (Gautier) Pierre Florent en poste en 1891 :

Il est né le 08/08/1813 à Coltainville, fils de Michel Gauthier, journalier, natif de Gâtelles et de Marie Geneviève Leprince native de Meslay le Grenet..

Il s’est marié à Coltainville le 13/12/1838, 25 ans, maçon, avec Lamotte Julie Alexandrine, née le 18 juin 1817 à Jouy, domestique, fille de feu Lamotte Jean Baptiste en son vivant maréchal décédé le 26 avril 1834 à Berchères la Maingot, et de Aulard Marie Geneviève. Les parents du marié habitaient à Senainville, hameau de Coltainville.

En 1891, à 78 ans, il est recensé sur la commune comme garde champêtre. Il va décéder le 07/11/1895 à Saint-Aubin des Bois, à 82 ans, propriétaire.

  • *M. Bouju Pierre Théodore en poste en 1896 :

Il n’était pas originaire de Saint-Aubin des Bois puisque né le 12/06/1833 à Bailleau-sous-Gallardon. Son père était couvreur en paille, il se prénommait aussi Pierre Théodore et son grand-père Théodore Pierre !

Il s’est marié le 21/02/1860 à Mévoisins. Le marié a 26 ans, vigneron, fils de Pierre Théodore Bouju, vigneron, demeurant à Moineaux, commune de Gâs, et de feue Octavie Robert. La mariée Prudence Adélaïde Eulalie Gandon, 20 ans, sans profession, fille de François Félix Gandon et Marie Jeanne Aimable Bled, vignerons à Mévoisins.

Il apparaît à Chazay lors des recensements de 1872 jusqu’en 1886 comme chef d’équipe. En 1891, il est recensé comme rentier à 58 ans ! En 1896, il est recensé comme garde champêtre sur la commune, il a 63 ans. Il va décéder le 10/08/1917 à Saint-Aubin des Bois à 84 ans.

  • *M. Dorange Honoré Ernest en poste en 1901 :

Il est né le 28/10/1837 à Mont, hameau de Nogent-sur-Eure où son père est charretier de labour.

En 1861, âgé de 24 ans, il a quitté la commune de Nogent-sur-Eure et on le retrouve en 1862 sur la commune de Saint-Aubin des Bois où il se marie le 01/07/1862 avec Lucie Lucrèce Mauguin (Pierre Hilaire Bréant maire). Le marié a 24 ans, charretier de labour, domicilié à Saint Aubin des Bois, fils de Saturnin Dorange cultivateur et de Judith Guillaume domiciliés à Mont. La mariée a 21 ans, née le 20 août 1840 à Saint Aubin des Bois, fille de Pierre Antoine Urbain Mauguin, maître maçon, et de Marie Christine Césarine Ménager.

En 1901, à 63 ans, il est recensé comme garde champêtre sur la commune, habitant Chazay avec sa femme.

(absence de garde champêtre du 01/05/1903 au 16/08/1903)

  • M. Léger Albert Constant (garde champêtre du 17/08/1903 au 30/06/1920) :

Il est né le 08/07/1856 à Neuville-la-Mare, hameau de Gironville (aujourd’hui Gironville-et-Neuville). Le père est ouvrier charpentier. La commune compte 308 habitants.

Il va se marier le 23/10/1877 à Marville-Moutiers-Brûlé avec Théodorine Nosis Gasse. Le marié a 21 ans, il est charretier de labour., domicilié de fait en la commune d’Aunay sous Crécy et de droit chez son père à Gironville, au hameau de Neuville, fils de Jacques Alexandre Léger, charpentier, et de feue Constance Euphrasie Lefèvre. La mariée a 17 ans, journalière, fille de Hippolyte Simon Jules Gasse, journalier, et de Julienne Marie Louise Leroy, domiciliés au hameau d’Imbermais.

« Gironville-et-Neuville fait partie de la commune de Tremblay-les-Villages, arrondissement de Dreux, créée en 1972 sous l’impulsion de Martial Taugourdeau, maire de Tremblay-le-Vicomte, et qui sera Président du Conseil Général d’Eure-et-Loir ».)


Il n’est pas répertorié sur la liste du recensement de 1901 ; par contre, on le retrouve inscrit sur la liste en 1906 comme garde champêtre de la commune. Il prend sa fonction le 17/08/1903 jusqu’au 30/06/1920 (64 ans). En 1913 et 1914, 1919 et 1920, c’est *M. Henry Jules Joseph qui assurera la fonction de garde champêtre à titre provisoire suite à de nombreux arrêts maladie de M. Albert Léger souffrant d’une affection cardiaque, puis M. Henry Jules Joseph redevient cultivateur en 1921. M. Léger étant toujours absent au 01/07/1920, c’est le secrétaire de mairie instituteur M. Victor Lenfant, 58 ans, qui assurera la fonction jusqu’à la nomination d’un nouveau garde champêtre.

  • *M. Henry Jules Joseph (garde champêtre en 1913 ou 1914, 1919 et 1920) :

Il est né le 01/09/1854 à Chazay, déclaration en mairie faite par M. Jean Prosper Henry, 34 ans, journalier, père de l’enfant, M. Jean Pierre Henry, 63 ans, vigneron, aïeul de l’enfant et M. Louis François Henry, 32 ans, journalier, oncle de l’enfant, tous trois domiciliés à Chazay. La maman est née Andrée Joséphine Laigneau, 36 ans.

On peut suivre l’évolution de la famille en étudiant les listes de recensement à partir de 1856, hameau de Chazay : à cette date, le père, Jean Prosper Henry, 37 ans, est batteur en grange, le mère, née Laigneau Joséphine a 38 ans et le petit Jules a 1 an. En 1861, le père est journalier, jules a 1 ans, et un deuxième enfant apparaît, Edmond 6 mois. En 1866 le père est cultivateur, jules n’est plus recensé avec ses parents. En 1872, la mère, 55 ans, est veuve, journalière, Jules, 18 ans, est maçon. Il restera au domicile de sa mère jusqu’à son mariage à 32 ans en 1886.

En 1886 donc il se marie à Bailleau l’Evêque avec Marie Constance Collet. Le marié, 32 ans, est le fils de feu Jean Prosper Henry, décédé à Chazay le 22 mars 1867 et de Andrée Joséphine Laigneau, cultivatrice domiciliée à Chazay. La mariée Marie Constance Collet, 23 ans, est née à Dallonville, hameau de Bailleau l’Evêque, le 20 septembre 1863, fille de Alphonse Julien Collet et de Marie Adélaïde Céline Collet, domiciliés à Dallonville.

Ils auront deux enfants : Joseph Constant Edmond né le 3 mai 1889 et Juliette Marcelle Emilienne née le 30 juin 1899.

En 1914 sur la liste électorale de 1913 révisée pour 1914, il est noté comme garde champêtre (60 ans). En 1919 et 1920, sur la liste électorale, il est noté garde champêtre. En 1921, il redevient cultivateur.

Il décèdera le 07/06/1922 à Saint-Aubin des Bois (Chazay) à l’âge de 67 ans. Sa femme décèdera le 12 octobre 1929.

  • M. Fleury Eugène Henri Armand (garde champêtre de 1921 au 21/03/1924) :

Il est né le 7 octobre 1851 à Hartencourt (commune de Saint-Luperce), fils de Augustin Léon Flury, 32 ans, journalier, né à Morancez, et de Emélie Félicité Théoduline Noue, 28 ans, née à Saint Luperce. Il a été inscrit sur le registre d’état civil de la commune de naissance sous le patronyme de « Flury » et c’est un jugement du Tribunal de Première Instance en date du 24/10/1861 qui a rétabli le vrai patronyme « Fleury ».

Il s’est marié le 7 avril 1874 à Saint Aubin des Bois. Le marié a 22 ans, charretier de labour, domicilié à Chazay, son père est décédé à Saint Georges sur Eure le 10 décembre 1872 et sa mère est décédée à Coudreceau le 14 mars1871. « Ne pouvant représenter les actes de décès de ses aïeul et aïeule faute de connaître leur dernier domicile, il nous a attesté sur la foi du serment, ainsi que les quatre témoins du mariage, qu’ils sont réellement décédés sans qu’ils puissent préciser la date du décès ». La mariée a 20 ans, née à Mottereau le 1er novembre 1853, domestique, domiciliée de fait à Chazay et de droit à Mottereau, fille mineure de François Michel Rousseau, 52 ans, et de Marie Françoise Chartier, 49 ans, journaliers, domiciliés ensemble à La Croix des Trois Chênes, commune de Mottereau.

Les enfants de la famille : Jules Elie,Juliette, Marie, Célinie, Louise, Henri, plus un petit fils Constant Chevalier. Au cours de ces années, Eugène Henri Armand a été tour à tour journalier, carrier (1891), ouvrier au chemin de fer de l’ouest (1896), ouvrier agricole (1906). Garde champêtre de 1921 (70 ans), 1922, 1923 sur la liste électorale, au 21/03/1924 (73 ans).

  • M. Tacheau Edmond Henri (garde champêtre du 23/05/1924 à 1926) :

Il est né le 17/07/1893 à Saint-Aubin des Bois, fils de M. Paul Eugène Tacheau, cultivateur, domicilié à Saint-Aubin des Bois. Il s’est marié à Chêne-Chenu le 14/02/1920. Il est décédé à Maintenon le 04/02/1967 à 74 ans.

  • M. Tacheau Paul Eugène (garde champêtre de 15/09/1926 – décédé le 30/06/1934) :

Il est né le 18/10/1858 à Saint-Aubin des Bois, fils de M. Jacques René Tacheau, charron domicilié à Saint-Aubin des Bois. Paul Eugène est le père du garde champêtre précédent M. Edmond Henri Tacheau.

  • M. Buisson Jules Paul Armand (garde champêtre du03/11/ 1934 au 30/09/1951) :

Il est né à Chazay le 27/04/1873. Il effectue son service militaire au 18ème Régiment de Dragons à compter du 15/11/1894. Matricule 1027, classe de mobilisation 1893. Envoyé dans la disponibilité le 19/09/1897, a reçu un certificat de bonne conduite. Il s’est marié à Saint-Aubin des Bois le 21/11/1899, cultivateur, 26 ans, la promise était lingère. Le 11/02/1901, ils habitent promenade de l’Ortie à Chartres et le 20/06/1908 à Saint-Aubin des Bois.
Rappelé à l’activité par décret du 01/08/1914, mobilisation générale (41 ans). Arrivé au corps le 06/08/1914 comme sapeur-mineur, régiment du Génie. Renvoyé dans ses foyers le 09/03/1915. Il devient garde champêtre au cours de l’année 1935 (62 ans) jusqu’en 1951 (78 ans).

  • M. Théau Maurice Henri Albert (garde champêtre du 04/09/1951 et décédé le 23/12/1961) :

Il est né le 29/01/1899 à Saint-Aubin des Bois. Il s’est marié le 11/11/1922 à Saint-Aubin des Bois, cultivateur. Il prend la fonction de garde champêtre le 4/09/1951 à 52 ans. Il décèdera le 23/12/1961 à Saint-Aubin des Bois à 62 ans, garde champêtre.

  • M. François Joseph Marie (garde champêtre de 1963 à 1970) :

Il est né le 31/05/1901 à Camors dans le Morbihan. Il sera garde champêtre de 1963 à 1970.
Il sera supplée pour soucis de santé par M. Hallay Julien, né le 29/04/1903 au Coudray, qui occupera la fonction d’appariteur pour les travaux de voirie. Joseph Marie décédera le 09/08/1970 à l’hôpital de Chartres, 34 rue du Dr Maunoury, employé communal.

  • Ciboire Edouard (garde champêtre de 1971 au 31/07/1973) :

En septembre 1970, le Conseil Municipal de l’époque décide de nommer un nouveau garde champêtre à titre temporaire jusqu’au 31/12/1970.
Le travail de M. Ciboire ayant donné satisfaction, le conseil Municipal décide sur proposition de M. le Maire, de le nommer garde champêtre à titre définitif à compter du 01/01/1971. Il le restera jusqu’au 31/07/1973. M. Ciboire habitait rue du Nord à Saint-Aubin des Bois. Il prendra sa retraite le 01/08/1973.

  • M. Roulleau Jean (garde champêtre du 01/10/1973 au 31/01/1985) :

Il est né le 05/01/1925 à Saint-Aubin des Bois où il a travaillé tout d’abord dans la ferme de ses parents avant d’être employé aux Docks de Blois comme chauffeur-livreur. Il s’est marié le 07/06/1949 à Saint-Aubin des Bois avec Mme Suzanne Feupier, originaire de la même commune. Quand les Docks de Blois fermèrent leur entrepôt de Mainvilliers en 1973, la place de garde champêtre était vacante à Saint-Aubin, et il fut nommé le 01/10/1973. Il prêta serment professionnel devant Monsieur le Président du Tribunal d’Instance de Chartres le 26/11/1974. Il a pris sa retraite le 31/01/1985. Il est décédé le 04/04/1988 à son domicile de Saint-Aubin des Bois.

M. Pescheur Joël (garde champêtre du 01/12/1987 au 30/04/2012) :

Il est né le 20/04/1952 à Romorantin Lantenay (41). Il s’est marié le 30/06/1973 à Saint-Arnoult des Bois avec Mme Paulette Cochin, originaire de cette commune. Après quelques années comme mécanicien à Chartres, il entre le 01/07/1985 au service de la commune en tant qu’ouvrier d’entretien au contrat de 39 h par semaine. Le 01/12/1987, il est nommé garde champêtre. Après avoir été promu garde champêtre principal en mai 2001, il accèdera à l’échelon de garde champêtre chef en mai 2005 puis agent technique de 2ème classe en avril 2007. Il prendra sa retraite le 01/05/2012 et la médaille communale lui sera remise.

*De 1877 à 1903 et 1929, nous n’avons pas trouvé dans les registres de délibérations de trace des noms des gardes champêtres mais leur salaire était bien mentionné au budget communal donc en consultant les listes de recensement de la population sur le site des archives départementales, nous avons pu retrouver leur nom et l’année à laquelle ils occupaient le poste.


Sources : Registres des délibérations depuis 1791, Bulletins municipaux, « Sous-Bois » (journal du Comité de Protection de la Nature CPN), site des Archives Départementales (listes de recensement de la population, listes électorales).

Florence BARRÉ et Michel GUESNET